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23 mars 2010

chanson simple

la grève encore l'immensité bleutée d'un temps chéri ni travaillé ni vaqué il est un mot que l'on disait dans ma jeunesse et plus du tout aujourd'hui la grève encore la levée des drapeaux sur la mer habitée marée urbaine sous le soleil d'un doux printemps on prend son temps on s'en délivre puisqu'il n'est plus mesuré mais tout permis et tout droit dans sa capacité à musarder s'attarder se faire plaisir à crier à monter les termes bien au-dessus des têtes à les encenser à y croire il est un mot qu'on employait avant et aujourd'hui absolument plus ils ont retiré les pavés du cœur des villes mais la plage la plage est toujours là j'imagine des barricades de sable et de varechs pourrissants je vois des murs d'eau dans nos bras haut levés et des écumes par tous les chants de bataille je t'écris comme on offre un biscuit à l'acolyte marin je t'écris comme on paie une pinte à l'ami assoiffé tous les bars sont fermés et nous marchons sur des avenues de fer avec enfin le droit de fouler le bitume et les signalisations ils ont retiré les pavés du sein des villes et il y avait ce mot avant et désormais inusité presque perdu comme la chanson de l'autre jour un mot qui maintenant fait pleurer à le trouver si frais si frêle fragilisé ils ont retiré les pavés mais pas notre mémoire d'y-ceux j'imagine des barricades de discours d'écharpes au vent des frontières de papier tout à traque des pans de tracts et de poings noircis dessinés à l'arrache entre deux régiments de tortues arnachées hier il y avait ce mot qui désormais maintenant aujourd'hui se porte sous les manteaux à la place à à à l'emplacement du cœur ils ont retirés les pavés et rapproché du même coup les grands jets d'eau la fumée on y voit goutte mais toujours assez pour parler je t'écris comme pour te porter et les bras de la foule sont immenses et sa voix se perd dans le jour des temps ils ont retiré les pavés les pauvres et tous les bancs tu as remarqué oui toi aussi moi aussi moi aussi oui et il y avait ce mot désormais disparu non mais caché et puis cet autre encore enfoui dans les couplets de nos chansons nous nous marchons oui aujourd'hui nous marchons tapant parfois nos bocks aux trottoirs chaleureux ce midi nous chauffant d'asphalte comme de résolutions et quelques amis en pousse une qui nous fout le frisson

Sur c'te butte là, y avait pas d'gigolette,
Pas de marlous, ni de beaux muscalins.
Ah, c'était loin du moulin d'la Galette,
Et de Paname, qu'est le roi des pat'lins.

C'qu'elle en a bu, du beau sang, cette terre,
Sang d'ouvrier et sang de paysan,
Car les bandits, qui sont cause des guerres,
N'en meurent jamais, on n'tue qu'les innocents.

La Butte Rouge, c'est son nom , l'baptème s'fit un matin
Où tous ceux qui grimpèrent, roulèrent dans le ravin
Aujourd'hui y a des vignes, il y pousse du raisin
Qui boira d'ce vin là, boira l'sang des copains...

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28 février 2010

Des yeux fondus de larmes les mains inconsolées alors qu'il nous faudrait partir s'enfuir gueuler des balades éreintées crever les blanches et fraîches cloches du printemps s'étaler se parer se départir ne plus jamais y aller et rester impunis voire innocents loin des déperditions et de la trame détachés de ces crasses traces de boue et de bruit se laver enfin enfin se laver se rouler dans la vacance la vacuité l'absence lardés de confort et d'ennui ah l'ennui la grande qualité travailler tue et provoque travailler nuit même le jour et vous trouvez ça drôle alors qu'il faudrait se frotter les poings et s'unir travailler travailler amoindrit travaillez travaillez travailleurs et je vous en donnerais des salaires d'arthrite et de suées de coups pour les mâtines ça sonne que ne l'entends-je ça sonne te dis-je debout donc debout c'est l'alerte ou l'alarme et dans les communs du château tous se taisent sauf les fers et les feux et celui qui porte une part de bleu une indélébile part de bleu est béni oint couvert j'avance à visage caché de larmes je l'ai dit de larmes de mèches fondues les yeux fourrés d'herbe et d'eau des Ophélies dans un ruisseau telles sont vos peines et les miennes de même qui surnagent la pierre au cou et les mains entravées ah ses mains ses éternelles mains qui pressent tordent essorent ce qui devrait être sauvé c'est absurde ce que je dis absurde mais non pas insensé des mots en marche baluchon sur l'épaule avec au cœur du ballot de tissus le frêle espoir des laborieuses laborieux viens nous ferons des courses et nous chanterons nous chanterons au bout du cap il y a des champs d'asphodèles et de narcisses et plus loin les edelweiss de la mer aux doigts salés ah se baigner s'y fondre tout confondre ce matin je voulais te porter un cadeau sans merci une offrande c'est fin de semaine après tout jours de grâces et sans seigneur encore seuls au monde tu te rends compte un peu nous n'irons plus je te le jure nous n'irons plus ou alors ou alors nous serons différents tu crois tu crois

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17 mai 2009

c'est un pays invisible qui avance j'imagine un texte qui comme lui se déplace quelque chose qui transporte et qui frappe je veux vous défaire ôter tes vêtements et te couvrir feuille à feuille avec mes illusions ah les affreuses comédies et les magies du baptême les voilà bien balancements d'encensoir à fleurs de dragon j'imagine un texte qui parfume et honore je veux vous désosser il souffle que ne l'éteins-tu il souffle et c'est la voix des mots et des morts il souffle et tu t'endors je viens te chercher j'imagine un texte dévoué une arme fidèle je viens te chercher dans le silence et le repos je tape la nuit la nuit je tape j'imagine la bourrasque avant l'accalmie le grain et la grande bataille des airs dehors ailleurs alors qu'à l'intérieur je vous déperclus j'imagine un texte qui avive et repose une parole magique à simples formules une clef j'entrerais et je volerais tout qu'as-tu donc de plus précieux que toi et les yeux vagues il me répondait "l'autre" j'ai rencontré Nathanaël et il était vieux et fatigué j'imagine un texte qui répare une soupe de sang bleu qui régénère et intensifie et comme lui il le sait je veux aussi les chansons simples et les naïvetés qui font pleurer j'imagine un texte qui disculpe une promesse assermentée tout le parfum des Arabies dans une main et ton coeur dans l'autre je serrais les deux poings quand elle venait me parler d'école de la force impavide des maîtres des machoires duveteuses du savoir j'imagine un texte plein de visions et d'intempéries après la pluie il y a toujours comme un soulagement une détente sur laquelle tu t'appuies il frappe que ne lui ouvres-tu il gémit que ne l'apaises-tu lui qui vient si souvent vers toi comme le refrain qui te contente alors que tu l'avais perdu

que sont mes amis devenus

que j'avais de si près

tenu

et tant aimé

ils ont été

trop

clair

semés

le vent

je crois

les a ôtés

l'amour

est

morte

...

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allons reprenons du collier la trime et la trame au boulot et que ça file la tramontane fouette les nerfs comme un chef et toi qui ne voulais jamais avoir ton bras c'est pour jamais c'est pour jamais ou pour demain tous tous tous le même destin d'Iroquois embrigadés Micheline se fait opérer de la main à trop taffer les pauvres perdent leurs outils mêmes Caterpilar comme Singer tout est jeté circulez circulez y'a plus qu'à boire tous tous la même histoire de chasseurs ne sachant plus chasser plus facile à faire plus facile à faire qu'à dire met-toi au bleu automatique et comme le lilas persiste et comme l'iris envahit et comme la rose trémière continue la fougère arrive avec ses yeux-là tu iras loin ma fille toutes toutes toutes le même destin d'amoureuses éconduites Continental comme le reste la Guadeloupe en feu pour 200 euros de plus les Indiens c'est nous tissons des manteaux de plumes azurées bien-sûr l'azur l'azur est à nous l'azur mais pas le monde ma mère était chef bobineuse aux usines Schneider il fallait bien dire aux filles ouvrières de ne pas forcer l'allure quand le contremaître chronométrait les temps de travail et le résultat de la tâche mais elles n'y arrivaient pas je ferais plaisir à papa pour qu'il m'aime ah tous toutes les mêmes danses de prisonniers l'écart se creuse sous la falaise la mer à pic on y voit que du bleu mais ça charrie des corps des coups des larmes les mises à pieds font les mises à sac plus plus plus facile à faire plus facile à dire qu'à faire de plus en plus de poings et de plus en plus d'arrêts arrestations les souricières et la cagoule toutes tous au lot commun à l'abattage nous sommes des comanches sans réserve nous dérouillons il faudrait opérer l'autre main mais elle n'a pas assez d'argent bientôt on verra le sang le sang et les os en actions le mistral fait plus de ravage et moins de poésie la colère est plus forte que non la colère est plus âpre que la révolte j'écris ce soir vous n'aimerez pas ce que j'écris j'écris ce soir et ce que j'écris ne fait pas plaisir non

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14 avril 2009

gregory a dit "nous allons faire une mythologie du vent"
et j'ai dit "oui"

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ici

donner les images aux enfants

déchirer les visions

puis les manger

lentement

je suis un poète classique

je fus

je suis un poète classique

perdu dans une usine à fabriquer

des tissus et des larmes

je voudrais tresser

des chants d’oiseaux

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comme un mort

sorti du linceul de la vague

ton corps

brassé

brisé

serein

après son immersion

totale et athée

encore plus présent

souffle écourté

ton cœur

bras et jambes

si

lourds

posés au milieu de la baie

ici

et en à plat

ici

où tu rêves toujours

à ces histoires

de dieux vivants

et d’aromates

de flots géniteurs

et de charades

qui tuent

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13 avril 2009

Alizés Aquilon Auster Autan blanc Autan noir
Austru

Badisad obistroz Barber

Baguio

Bhoot Bise

Blizzard

Bolon

Bora

Borée

Bouffée

Bourrasque

.

Bréva

.

Brise

Brickfielder

Buran

Burga

Burle

.

Canterbury Northwester

Cape Doctor

Catabatique

Cers Chamsin Chergui Chinook

Chocolatero

Contre-alizé
Cyclone

Dzhari Elephanta Étésien Euraquilo Euroclydon Eurus

Foeh

Freemantle Doctor Galerne Garigliano Ghibli Grain

Gregale Haboob Halny Wiatr Harmattan

Hégoa Helm Hurle Hurricane

Joran

Kaikias

Karaburan Khamsin Knik

Kona Kuban Largue

Leste Levant Léveché Libeccio Lips Ljuke Lombarde Loo Maloja Marin

Matanuska Matinière Mauka Meltem Mistral Mousson

Nirta

Nordet

Noroit

Norther Notus

Passat

Piteraq
Pampero

Ponant

Pruga Puelche Puna Purga Pyrn

Rafale

Reshabar

Revolin Risée Roger Rotetur Samiel Santa Ana Shamal Sharav Simoon
Sirocco

Skiron Sky Sweeper Solano

Sonora

Southerly Buster Stikine Suhali Sumatra Sures Suroit

Take

Takn Tamboen

Tauem

Techuantepecer

Tivano

.

Tourbillon Tramontane Tunagain

Typhon

Vaudaire Vent de Midi Williwaw Willy-Willy Xlokk Yamaoroshi Zéphyr Zéphiros Zoboa Zonda

.

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gregory a dit "nous allons faire une mythologie du vent"

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et tous les vents ensuite

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                                                 les senteurs d’abord

cannelle

anis étoilé

paprika

cadamone

sandaraque

écorce de citron

romarin

thym

oliban

oppoponax

écorce d’orange

galangal

sang de dragon

boutons de rose

fenouil

cumin

myrrhe

acacia

poivre noir

menthe

galbanum

clou de girofle

coriande

copal

benjoin

storax

calendula

mousse de chêne

réglisse

tolu

piment

cacao

sauge

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je coule

en une eau majestueuse

plus de résistance

et pas de répit

j'écris "délivre"

puis je dis "liberté"

eh marins

en aurons-nous fait de beaux voyages

sur la mer balancée

...

je lève un monde

j'invente un paysage

...

le garçon n'aime pas la promenade

ce qu'il veut

lui

c'est marcher

...

sur la coursive

dans les voiles

je ne sais plus

j'aspire

...

j'écris "courrir"

et je raye "avancer"

je m'écroule

en cette eau argentée

planche de chair étale

et de pensées

...

j'admire au soleil

le point zénithal qui cuit

la battante virgule

...

plus de rythme

et pas de frappe

...

la paix

et

l'équinoxe

c'est assez

...

j'ai une grande vaisselle d'aventures

à plier

...

j'écris "dormir"

je retire "rêver"

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05 avril 2009

Et voici l’heure du grand champ bleu qui devant toi s’étend

              plus loin les maquisards font griller la viande

              qu’ils ont préparée d’huiles de parfums et d’encens

              l’île n’est plus qu’un pain pétrifié dans la mer

              et tous ils ont faim

             disant

             « l’écume c’est la mie du monde

                l’eau affadit le sang »

la roche est contre ton dos

voici bien le moment où le ciel rejoint la terre

tu te nourris de songes amers

cédrats gros et bosselés comme la montagne même

lèvres brulées

tu laisses venir à toi

tous les goûts excitants

                  ils n’ont jamais eut de barques

                  ne savent pas nager

                  et haïssent les plages aux âpres miasmes

                  où comme l’eau

                  la mort toujours attend

la vie

elle

est plus simple :

un col ouvert

que la neige tout juste

vient de délivrer

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29 mars 2009

Des bâtons de brouillard et de feu

gardent

la bouche du vent

Tu fumes

à en manger le ciel

t’en approcher

dans un apprivoisement inquiet

Des barreaux de nuages

veillent sur sa gorge

ses veines mouvantes

Tu souffles

une haleine surhumaine

un voile

percale et pierreries

Les contes se lèvent

la force des peuples répond

Tout ce que à quoi tu crois (?)

exhale

Pointes roussies des falaises

foyers de verre au cœur des phares

Oh tous les forts tabacs

ah toutes les cruelles boissons

ne rivalisent plus mais

muscle à muscle

creusent

l’écart et l’abri

Tu penses à en punir

assassin des nuées

au couteau de substances et d’ombres

ta tête se lève

c’est l’éveil disent-ils

mais non

point d’accalmie

loin les douceurs

la caresse des airs

leur odeur parfumée

c’est l’ambolie

le sang afflût

le vent voit rouge

Ah

Oh

qui n’en a jamais pris

de ces coups de chique et de chiche

on partage le paquet

avant de manger

le joli petit mousse

Ah

Oh

Ah

Vient à présent

- chansons et bordées -

la voix des hommes

en part de tête

qui emporte le dernier morceau.

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26 mars 2009

L'onde tombée d'un coup
sans persistance
l'air monté qui soudain s'applanit
les chemins courus

les herbes arrêtées

tout ce qui tient du temps

ou de ses fils ou de ses filets

passait

était passé

Seul l'espoir

coeur inobstiné mais présent

tenait aux crêtes

perchait aux lèvres

des vieilles

qui

debout à l'océan

chantaient

Je veux parler de nous

de ce qui nous ébranle

d'une voix solenelle et quasi apprêtée

je veux parler de ce qui perce et transforme
les armes et les larmes

tandis que filles et garçons
alors que garçons et filles
pleins de varechs et de sèves

poussent
tels des cris fleurissant

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08 mars 2009

le petit théâtre intérieur

le_petit_th__tre_int_rieur

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25 décembre 2008

j’imagine un texte qui fuit qui déborde qui de toutes parts envahit et comprend j’imagine un texte qui se comprend lui-même une masse partant d’un point pour devenir non pas le cœur du monde non pas son nombre ou son nombril mais bien le monde en soi lui-même et rien que cela celui-là j’imagine un texte qui défile en un débit égal quoique toritruant j’imagine que de tous bords il coule j’imagine une séquence envahissante non-hostile mais non-innoffensive j’imagine je bois tes mots qui sont du miel de la cire à faire briller l’esprit j’imagine un texte qui lustre et ne bénît pas qui oint pour le début du combat éole en sa fâcherie un geyser assoiffé toutes les larmes et sur nos cœurs la croix des bras des mille forçats un fil de chaîne de chair solidaire crochets et couteaux au taquet j’imagine un texte qui soulève une nouvelle avancée j’imagine un texte comme un motif à profiler un mouvement rotatif et sans fin un objet de fil et de carton qui lie toutes choses et ceci sans aucune croyance quand les vents se mélèrent autour du héros ingénieux il en oublia un le seul qu’il fallait retenir lequel lequel est-ce lequel je ne le dis pas maintenant je bois tes mots qui sont un lait amer une sueur abondante qui débonde du haut en bas du bâtiment l’eau s’écoule se presse faufile sa part de joie j’imagine un texte comme une explosion d’eau et lui qui était aussi le garçon créateur de nuages et lui qui était aussi le garçon qui faisait tomber la nuit je veux dire et littéralement et vraiment et physiquement qui lui donnait de la consistance une chair frâiche il n’y a pas de raison que ça s’arrête donc ça ne s’arrêtera pas le seul qu’il fallait retenir il l’oublia dis-nous lequel mais non vous n’êtes ni prêtes ni prêts il vous faut encore du temps et des labeurs et de la terre à retourner et une douleur mais nous sommes les dolorantes les dolorants nous dolorons nous voici qui trimons sur nos métiers à bras les canuts ah oui je connaissais bien cette histoire-là quand la boïte à fermer il a bien fallu travailler ailleurs trouver autre chose l’atelier de fil en aiguille te mêne au ménage use de toute ton eau sue arrache les lambris les lambaux la poussière qui n’est somme toute que du déchet de ciel noir et lointain bout de ténèbre à assimiller j’imagine un texte qui serait la chaîne de toutes nos larmes les produits que tu emploies détruisent la peau de tes mains à trop frotter les pauvres s’esquintent s’âbiment j’imagine un texte comme une gale d’impressions quelque chose d’aussi contagieux qu’une cascade les yeux de micheline en bleu œillet qui vrillent mais qu’est-ce que je vais faire avec ces mains-là maintenant et pourtant il était le plus frais le plus frais et le plus vif de tous et pourtant il portait une odeur plus douce que celle des figuiers du grand sud et pourtant il était le plus captivant de tous les vents et l’homme aux mille ruses qui l’oubliait l’abandonnant à la grande bleue j’imagine un texte qui réconcilie dans la colère qui relie dans la rage une certaine fureur à vivre une vitesse qui fait tout arrêter on dit que le monde fût crée en un souffle et tout cela pour finir par une semaine sanglante nous sommes les canuts on le sait on le sait nous sommes les corps des foçats de la mer à fil et des métiers à soie voyez nos cœurs à présent ils coulent les tirs et la mitraille nous ont ouvert les bras je connais bien cette chanson-là le plus précieux il l’oublia dis-le nous à présent dis-nous son nom vous le savez déjà non nous ne le savons pas plus doux que l’odeur du figuier du grand sud mêlée à la salinité des eaux à l’amertume des cédrats aux fumées noires des bateaux aux cheveux des jeunes-gens à la sueur des vieux à l’éclatement des nèfles aux relents des myrthes et des encens dis-le nous nos têtes l’attendent comme nos cœurs appellent la révolte dis-le nous mais c’est vous qui présentement venez de le dire-là

Pour chanter Veni Creator
Il faut avoir chasuble d'or
Pour chanter Veni Creator
Il faut avoir chasuble d'or
Nous en tissons pour vous, Grands de l'Eglise,
Et nous, pauvres canuts, n'avons pas de chemises !


C'est nous les canuts,
Nous allons tout nus !

Pour gouverner, il faut avoir
Manteau et rubans en sautoir
Pour gouverner , il faut avoir
Manteau et rubans en sautoir
Nous en tissons pour vous, Grands de la Terre,
Et nous, pauvres canuts, sans drap on nous enterre !


C'est nous les canuts,
Nous allons tout nus !

Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Mais notre règne arrivera
Quand votre règne finira.
Nous tisserons le linceul du vieux monde,
Car on entend déjà la révolte qui gronde !


C'est nous les canuts,
Nous n'irons plus nus !

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21 décembre 2008

cafard

fil_et_cafard                                      fil_et_cafardfil_et_cafard          

Chaque fil de la chaîne est passé dans un oeillet ou cafard, relié à une maille solidaire d'une arcade verticale attachée à un crochet de la mécanique. Chaque crochet est solidaire d'une aiguille chargée de "lire" le carton qui vient se placer devant elle :
- si l'aiguille est placée devant le trou du carton, elle avance et le crochet est soulevé par un couteau, entraînant le soulèvement du fil de chaîne correspondant.
- si l'aiguille bute sur un plein du carton, le crochet reste en place et ne soulève pas de fil.
Une nouvelle avancée du carton animé d'un mouvement rotatif se produit jusqu'à la fin de la réalisation du motif et tout s'enchaîne automatiquement dans un mouvement sans fin.

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07 décembre 2008

tombe          la pluie                      fuit            le soir

l’homme

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la pluie                                                     fuit     le soir

                                      l’homme tombe

du sommeil du juste

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la pluie                                           fuit

comme le guerrier

l’homme tombe                du sommeil du juste

                                                                                            le soir

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la pluie                                            fuit

comme le guerrier             à la bouche ouverte

l’homme tombe                            du sommeil du juste

                                                                                  le soir

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la pluie dort

                    comme le guerrier                      à la bouche ouverte fuit

l’homme tombe             du sommeil du juste

                                                                                   le soir

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la pluie     dort du sommeil du juste

            comme le guerrier         à la bouche ouverte   fuit les mille plaies       du soir

l’homme tombe rêve et crie

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la pluie     dort du sommeil du juste   comme l’homme  le guerrier à la bouche ouverte fuit les mille plaies du soir      tombe rêve saigne et crie

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et le vent lève la main les voiles les filets les bruits

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04 décembre 2008

tissage 2 -série des souffles-

tissage_2__s_rie_des_souffles_2

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